Grue jaune et pompe à béton au-dessus de conteneurs de chantier rouges, sur un chantier à Genève sous un ciel bleu

Intérim en Suisse : comment une agence recrute un frontalier

November 03, 2026

Une agence d'intérim suisse vous embauche elle-même, puis loue vos services à une entreprise cliente. Elle doit être autorisée par le canton, conclure avec vous un contrat écrit en règle générale, et ne peut vous réclamer aucun émolument. Frontalier de l'UE ou de l'AELE ? Jusqu'à trois mois de travail par année civile, l'agence vous annonce en ligne. Au-delà, il faut le permis G.

Comment fonctionne une agence d'intérim en Suisse ?

En droit suisse, l'intérim relève de la location de services, dont il est la forme principale (le « travail temporaire »). La loi sur le service de l'emploi et la location de services (LSE) vise « Les employeurs (bailleurs de services) » qui cèdent les services de travailleurs à des entreprises clientes (art. 12). Votre employeur, c'est donc l'agence : selon les directives du SECO, le salaire est versé par le bailleur de services, « donc l'employeur », et non par l'entreprise où vous travaillez.

Cette entreprise dirige pourtant votre travail. L'ordonnance (OSE, art. 26) décrit une agence qui loue vos services « en abandonnant à celle-ci l'essentiel de ses pouvoirs de direction à l'égard du travailleur ». Elle définit aussi le travail temporaire (art. 27, al. 2) : « Il y a travail temporaire lorsque le but et la durée du contrat de travail conclu entre le bailleur de services et le travailleur sont limités à une seule mission dans une entreprise locataire. »

L'agence et le client signent un second contrat écrit, qui fixe le coût de la location de services (LSE, art. 22). Vous ne payez à l'agence ni inscription ni frais de placement : est nul tout accord qui exige du travailleur « le paiement d'émoluments ou de prestations financières préalables » (art. 19, al. 5). Les cotisations sociales et la contribution de 0,4 % prévue par la CCT sont, elles, retenues sur votre salaire. Une agence de placement, qui met seulement en contact employeur et candidat (art. 2), peut facturer certains frais : je les détaille dans mon article sur l'emploi en Suisse sans réseau.

Mon avis : les agences d'intérim sont réellement votre premier tremplin pour trouver un travail en Suisse. Elles sont très bien positionnées sur le marché, et bon nombre d'opportunités viennent d'elles.

Comment une agence d'intérim recrute-t-elle ses candidats ?

Aucun texte ne dicte sa méthode de sélection, mais la loi pose quelques règles :

  1. L'annonce. L'agence publie sous son nom et avec son adresse exacte. La loi ajoute : « Il mentionnera clairement dans les annonces que les travailleurs seront engagés pour la location de services. » (LSE, art. 18).
  2. L'ORP. L'agence est soumise à l'obligation d'annoncer les postes vacants dans les genres de professions dont le taux de chômage national atteint au moins 5 % (OSE, art. 53a) ; elle indique alors, « pour les bailleurs de service, nom de l'entreprise locataire de services » (art. 53b). Les emplois de 14 jours civils au plus en sont exemptés (art. 53d).
  3. Vos données. L'agence ne les transmet au client que si elles sont nécessaires au placement ; au-delà, elles ne peuvent être traitées ou communiquées « qu'avec l'assentiment exprès du travailleur » (LSE, art. 18, al. 3).

Pour la pratique, j'ai interviewé en 2023 le directeur général de Man Emploi, une agence généraliste de Genève, avec laquelle j'ai déjà collaboré sur des vidéos. Son témoignage décrit la pratique de son agence. Un premier contact par courriel ou par téléphone est possible, m'a-t-il expliqué, mais l'agence rencontre chaque candidat au moins une fois sur place, avec ses documents et son CV. Elle contrôle les références de façon quasi systématique et s'attache surtout au savoir-être, plus qu'au savoir-faire. Il préfère, pour sa part, un CV d'une page, avec les coordonnées et les dernières expériences les plus probantes. Les missions vont d'une seule journée, dans le nettoyage ou le déménagement, à de très longues missions. Pour le format, voyez mon article sur le CV au format suisse, où j'explique pourquoi un CV de deux pages reste normal en Suisse.

Grue jaune, deux pompes à béton et conteneurs de chantier rouges derrière une palissade, sur un chantier à Genève
Un chantier à Genève, en août 2024. Le bâtiment, l'industrie et la logistique sont les secteurs dominants que m'a cités le directeur de l'agence genevoise interviewé en 2023. Photo : MHM55, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photo recadrée.

Comment vérifier qu'une agence d'intérim est autorisée ?

Toute agence d'intérim doit être autorisée par l'office cantonal du travail (LSE, art. 12). Elle doit notamment être inscrite au registre du commerce, disposer d'un local commercial approprié et fournir des sûretés qui garantissent les salaires (art. 13 et 14). L'activité transfrontalière demande en plus une autorisation fédérale du SECO.

Le SECO tient avec les cantons un registre des entreprises autorisées (art. 35b) ; selon sa page sur le placement privé, il en existe « actuellement plus de 7400 », agences de placement comprises. Dans le répertoire en ligne, cherchez l'agence par son nom ou son numéro IDE, puis lisez la colonne « Location de services » : « Activité en Suisse » signale une autorisation cantonale seule, « Activité en Suisse et transfrontalière » l'autorisation fédérale en plus.

Ce second niveau compte pour un frontalier. Les directives du SECO exigent l'autorisation fédérale pour louer les services de travailleurs « primo-immigrants recrutés à l'étranger » ou seulement annoncés pour trois mois au plus, mais pas ceux de frontaliers « qui ont déjà travaillé en Suisse et sont donc admis sur le marché du travail du pays ». L'avertissement du répertoire ajoute que « l'autorisation cantonale ne suffit pas pour les personnes titulaires d'une autorisation de courte durée ». Si vous n'avez jamais travaillé en Suisse, demandez donc à l'agence si elle détient l'autorisation fédérale.

Sans autorisation, le contrat de travail est nul (LSE, art. 19, al. 6) ; le travail fourni de bonne foi se règle alors comme sous un contrat valable, jusqu'à ce que l'une des parties y mette fin (CO, art. 320, al. 3).

Que doit contenir votre contrat de mission, et quel préavis s'applique ?

« En règle générale, le bailleur de services doit conclure un contrat écrit avec le travailleur. » (LSE, art. 19). Il se conclut en principe avant l'entrée en fonctions ; en cas d'urgence, il est rédigé par écrit au plus vite, et l'on ne peut y renoncer que pour une mission de six heures au plus (OSE, art. 48). Un emploi fixe, lui, n'exige aucune forme spéciale, sauf disposition contraire de la loi (CO, art. 320).

Le contrat de mission mentionne notamment le genre de travail, le lieu, le début et la durée de l'engagement ou le délai de congé, l'horaire, le salaire et les déductions sociales, les prestations en cas d'heures supplémentaires, de maladie, d'accident ou de vacances, et les dates de paiement. S'il manque un point, les usages locaux et professionnels ou la loi s'appliquent, sauf conditions plus favorables convenues oralement (LSE, art. 19, al. 2 et 3). Le préavis court des six premiers mois ne vaut qu'en travail temporaire (al. 4 ; OSE, art. 49).

Mission d'intérim ou emploi fixe sans convention collective : ce que disent les textes en vigueur au 30 octobre 2026
PointMission d'intérim (LSE et CCT Location de services)Emploi fixe (Code des obligations seul)
Temps d'essaiLes trois premiers mois en durée indéterminée ; les deux premiers tiers, trois mois au plus, en durée déterminée (CCT, art. 10)Le premier mois, trois mois au plus par accord écrit, contrat-type ou convention collective (CO, art. 335b)
Préavis pendant l'essaiDeux jours ouvrables (CCT, art. 11)Sept jours (CO, art. 335b)
Préavis ensuite, durée indéterminéeSept jours du quatrième au sixième mois, puis un mois pour le même jour du mois suivant (LSE, art. 19 ; CCT, art. 11)Un mois pour la fin d'un mois pendant la première année de service (CO, art. 335c)
Vacances20 jours ouvrables (8,33 %), 25 jusqu'à 20 ans révolus et dès 50 ans révolus (10,6 %) (CCT, art. 13)Quatre semaines au moins, cinq jusqu'à 20 ans révolus (CO, art. 329a)
MaladieAssurance d'indemnité journalière obligatoire, 80 % du dernier salaire normal, deux jours ouvrables d'attente au plus (CCT, art. 28 et 29)Salaire pour un temps limité si le contrat a duré ou a été conclu pour plus de trois mois, trois semaines la première année (CO, art. 324a)

La colonne intérim reprend la CCT Location de services, qui vise les agences dont l'activité principale est la location de services. Si l'entreprise cliente relève d'une convention collective étendue, ses salaires minimaux, ses vacances et sa durée du travail s'appliquent à la place (LSE, art. 20 ; OSE, art. 48a).

Quels salaires minimaux et quels droits prévoit la CCT Location de services ?

La convention collective de travail de la location de services (CCT LS) est étendue par le Conseil fédéral depuis l'arrêté du 13 décembre 2011 : elle s'impose, dans toute la Suisse, aux agences autorisées dont l'activité principale est la location de services. Sa prorogation court jusqu'au 31 décembre 2027, et ses salaires 2026 viennent de la modification du 11 décembre 2025.

Salaires minimaux 2026 de la CCT Location de services, hors Tessin (arrêté du Conseil fédéral du 11 décembre 2025, en francs). À Genève, le minimum cantonal passe le 1er janvier 2027 à 24,73 francs de l'heure, soit environ 22,83 francs de base sur 13 mois : il primera sur les 22,70 de ce tableau tant que la CCT reste en dessous.
CatégoriePar mois, versé 13 foisSalaire horaire de baseSalaire horaire brut, de 20 à 49 ans
Sans formation professionnelle3867,4521,2225,70
Sans formation professionnelle, à Genève4136,9022,7027,49
Sans formation professionnelle, autre région de hauts salaires4080,7522,3927,12
Employé spécialisé, sans diplôme mais avec quatre ans de pratique4147,7022,7627,57
Employé spécialisé, région de hauts salaires4429,2524,3029,43
Avec formation professionnelle4713,2925,8631,32
Avec formation professionnelle, région de hauts salaires5033,2427,6233,44

Les régions de hauts salaires sont l'agglomération de Berne, une liste de localités de l'arc lémanique (dont Nyon, Morges, Lausanne, Vevey et Montreux) et les cantons de Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Zurich et Genève. Selon le module de calcul de l'arrêté, le brut ajoute en cascade au salaire de base l'indemnité de jours fériés (3,2 %), celle de vacances (8,33 %, ou 10,6 % jusqu'à 20 ans révolus et dès 50 ans) et le 13e salaire (8,33 %), chacune calculée sur le total précédent : à Genève, 22,70 + 0,73 + 1,95 + 2,11 = 27,49 francs.

L'employé spécialisé est celui qui a au moins quatre années de pratique dans l'activité exercée, pour laquelle il existe une formation professionnelle, et qui a travaillé au moins 1000 heures par année civile. Son minimum vaut 88 % de celui d'un employé formé (art. 20, al. 5).

À Genève, ces minima valent « pour autant qu'ils soient supérieurs au salaire minimal prévu par la Loi sur l'inspection et les relations du travail (LIRT) ». Selon l'État de Genève, ce minimum cantonal est de 24,59 francs de l'heure brut en 2026 ; versé en 13 mensualités, il suppose un salaire horaire de base d'au moins 22,70 francs. La même réserve vaut dans le canton de Neuchâtel pour son salaire minimum cantonal (note 2 de l'art. 20).

Ces montants valent pour 2026. Le Conseil d'État genevois a fixé le minimum cantonal à 24,73 francs de l'heure dès le 1er janvier 2027 (communiqué du 7 octobre 2026). Au 30 octobre 2026, la page du SECO ne publiait encore aucun arrêté fixant les minima 2027 de la CCT : vérifiez les montants de l'année en cours avant de comparer une fiche de paie.

Le 19 juin 2026, le Parlement a modifié la loi fédérale permettant d'étendre le champ d'application de la convention collective de travail, afin qu'une CCT étendue puisse fixer des salaires minimaux inférieurs aux minimums cantonaux. Selon un communiqué de l'Office fédéral de la justice du 23 octobre 2026, le référendum contre cette modification a abouti : le peuple votera, et d'ici là la primauté du minimum genevois reste la règle.

Si le client relève d'une convention collective étendue, l'agence vous applique « celles des dispositions de la convention qui concernent le salaire et la durée du travail » (LSE, art. 20), dont le salaire minimum, les suppléments, les vacances et le 13e salaire au prorata (OSE, art. 48a). La CCT LS prévoit encore :

  • Jours fériés : indemnisés après 13 semaines ou compensés par un supplément forfaitaire de 3,2 % ; le 1er août est payé dès le premier jour s'il tombe sur un jour ouvrable (art. 14).
  • Prévoyance professionnelle : affiliation obligatoire dès le premier jour pour un contrat de durée indéterminée ou de plus de trois mois, ou avec une obligation d'entretien envers des enfants, et dans tous les cas dès la 14e semaine (art. 31).
  • Contribution : 0,8 % du salaire, dont 0,4 % à votre charge, pour l'exécution, la formation continue et le fonds social (art. 7).

Frontalier : faut-il un permis G pour une mission d'intérim ?

Pour un ressortissant de l'UE ou de l'AELE, tout dépend de la durée. Selon le Secrétariat d'État aux migrations (SEM), trois mois au plus d'activité par année civile relèvent de la procédure d'annonce en ligne, sans autorisation. « Il incombe à l'employeur d'annoncer les travailleurs détachés ou les travailleurs prenant un emploi en Suisse. » En intérim, c'est donc l'agence qui vous annonce, au plus tard la veille du début.

Au-delà de trois mois, il faut le permis G. Il vaut cinq ans pour un contrat de durée indéterminée ou de plus d'un an, la durée du contrat sinon. À Genève, l'État demande pour les maisons de placement une copie du contrat de mission ou de location de services. L'activité peut commencer dès l'envoi du dossier complet, et le permis parvient ensuite à l'employeur. Il permet de changer d'employeur ou d'agence dans toute la Suisse, mais, étant lié à un employeur déterminé, il impose à Genève d'annoncer tout changement, nouvel employeur ou fin des rapports de travail, dans les 14 jours. Le directeur que j'ai interviewé m'a dit que son agence s'occupe des démarches de permis de ses intérimaires frontaliers. Les étapes sont détaillées dans mon article sur le permis G.

Mon avis : une agence d'intérim peut être un moyen crucial pour faire valider un permis de travail, puis trouver un poste en CDI. Cela vaut pour un frontalier de l'UE ou de l'AELE ; pour les autres, lisez le paragraphe suivant.

Hors UE/AELE, les règles sont plus strictes. « Le bailleur de services n'engage en Suisse que des étrangers qui sont admis en vue de l'exercice d'une activité lucrative et autorisés à changer d'emploi. » (LSE, art. 21). Or le frontalier d'un État tiers a besoin d'une autorisation pour changer d'emploi, selon le SEM, et l'État de Genève écrit : « Les ressortissants d'Etat tiers ne bénéficient pas de la mobilité professionnelle. » La même page ajoute : « Ils peuvent changer d'employeur après une activité ininterrompue de 5 ans sauf si le permis G a été limité par une décision de la direction de la main-d'oeuvre étrangère de l'OCIRT. » Pour un premier emploi, les directives du SECO posent qu'« en principe, les ressortissants de pays tiers ne peuvent pas entrer en Suisse dans le cadre de la location de services », sauf dérogation dans des cas fondés. Elles ne traitent pas à part le frontalier d'un État tiers : faites confirmer votre cas par l'autorité cantonale.

Entrée de l'office cantonal de la population et des migrations, route de Chancy 88 à Onex, décorée de fleurs peintes
L'office cantonal de la population et des migrations, à Onex, en octobre 2016. Pour une mission de plus de trois mois à Genève, la demande de permis G d'un frontalier de l'UE ou de l'AELE lui parvient avec le contrat de mission. Photo : MHM55, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photo retouchée, passant masqué.

Peut-on être embauché en fixe par l'entreprise cliente ?

Oui, et la loi protège ce passage : sont nuls les accords qui « empêchent ou entravent son transfert à l'entreprise locataire de services, une fois son contrat de travail arrivé à échéance » (LSE, art. 19, al. 5). De même, toute clause du contrat entre l'agence et le client qui empêche celui-ci de vous engager à la fin de la location est nulle (art. 22, al. 2).

Seule exception, réglée entre professionnels : le contrat de location peut prévoir une indemnité à la charge du client si la location a duré moins de trois mois et que vous reprenez chez lui moins de trois mois après la fin de la mission. Elle est plafonnée aux frais d'administration et au bénéfice d'un engagement de trois mois, sous déduction de ce que le client a déjà payé à ce titre (art. 22, al. 3 et 4). Vous n'avez rien à verser.

Le directeur interviewé m'a décrit trois voies dans son agence : postes temporaires, contrats à durée indéterminée et embauches directes chez les clients. Selon lui, « le travail temporaire n'est plus considéré aujourd'hui comme un travail précaire » : certains intérimaires travaillent pour l'agence depuis plusieurs années, d'autres n'y passent que comme sur un tremplin.

Impôt à la source et chômage : que se passe-t-il pendant et après une mission ?

À Genève, le frontalier est soumis à l'impôt à la source : « votre impôt est prélevé directement sur votre salaire par votre employeur », écrit l'État de Genève, ici l'agence. Dans le canton de Vaud, l'accord franco-suisse du 11 avril 1983 rend le salaire imposable en France à trois conditions : rentrer en règle générale chaque jour chez soi (au moins quatre jours par semaine à temps plein), remettre l'attestation de résidence fiscale à l'employeur avant le premier jour d'engagement ou avant le 1er janvier, et ne pas dépasser 40 % du taux d'occupation en télétravail. Sinon, l'employeur doit retenir l'impôt à la source.

Pour le chômage, le SECO écrit : « Lorsque vous êtes domicilié à l'étranger et que vous avez travaillé en Suisse (frontalier), vous êtes en principe indemnisé par le pays de résidence selon son droit national. » France Travail Auvergne-Rhône-Alpes demande de s'inscrire en ligne, de faire compléter l'attestation de l'employeur internationale par l'ancien employeur, ici l'agence, puis de la rapporter à une caisse de chômage du canton, qui établira le formulaire U1. La suite est dans mon article sur le chômage du frontalier.

Arrivée à la douane de Thônex-Vallard par l'autoroute A411, avec les panneaux des voies et les guérites, vue depuis Gaillard en Haute-Savoie
L'arrivée à la douane de Thônex-Vallard par l'A411, vue depuis Gaillard (Haute-Savoie), en septembre 2016. Pour un frontalier qui travaille à Genève, l'agence retient l'impôt à la source sur chaque salaire de mission. Photo : Marc Mongenet, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Comment démarcher les agences d'intérim depuis la France ?

Mon avis : démarchez les agences secteur par secteur. Certaines sont généralistes et recrutent dans la plupart des secteurs d'activité, d'autres sont surtout positionnées dans l'hôtellerie-restauration, le bâtiment ou l'informatique, et certaines généralistes sont fortes dans le médical. Dans ma vidéo, je cite des agences par secteur à partir des retours de candidats que j'ai pu aider et de mon réseau.

Les agences citées dans ma vidéo le sont d'après des retours personnels : vérifiez chacune dans le répertoire du SECO avant de lui confier vos documents.

Mon avis : dans l'hôtellerie-restauration, une agence que je cite dans ma vidéo de mai 2025 recrutait massivement en janvier et février pour le salon Watches and Wonders. Contactez-la en début d'année : ce salon peut vous permettre de marquer votre première ligne sur votre CV.

Le directeur interviewé conseille un premier courriel de candidature, puis de venir avec une vraie motivation, des pièces d'identité à jour et vos certificats de travail. Mon avis, à propos d'une agence genevoise que je cite dans ma vidéo : son équipe peut vous accueillir et vous renseigner même quand il n'y a pas d'opportunité pour votre profil à ce moment-là, et peut-être vous donner les clés ou le conseil décisif pour réussir votre intégration.

Pour l'entretien, mon article sur l'entretien d'embauche en Suisse prend le relais. Aucune de ces démarches ne garantit une mission, un délai ou un salaire au-dessus des minima.

Questions fréquentes

Une agence d'intérim peut-elle me faire payer mon inscription ?

Non. Tout accord qui exige du travailleur loué des émoluments ou des prestations financières préalables est nul (LSE, art. 19, al. 5). Une agence de placement, qui ne vous emploie pas, peut en revanche facturer certains frais.

Faut-il un permis G pour une mission d'un mois ?

Pas pour un ressortissant de l'UE ou de l'AELE : jusqu'à trois mois par année civile, toutes missions confondues, l'agence l'annonce en ligne au plus tard la veille. Elle doit alors détenir l'autorisation fédérale, selon les directives du SECO.

Sources et références

Cet article donne une information générale, relue sur les sources officielles le 30 octobre 2026. Il ne remplace pas la réponse de l'autorité compétente : office cantonal du travail pour l'agence, office cantonal de la population pour le permis, administration fiscale du canton de travail, France Travail pour le chômage. Les salaires minimaux cités sont ceux de 2026 ; le minimum genevois change au 1er janvier 2027. Les propos du directeur d'agence décrivent la pratique de son agence, et les passages présentés comme mon avis viennent de mes vidéos.

Jordan Girbon

Jordan Girbon

Jordan Girbon est entrepreneur, auteur de « Frontalier Suisse » et créateur de contenus. Il partage des repères sur l'emploi en Suisse, les parcours de frontaliers et les décisions qui accompagnent leur projet.

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Comprendre la Suisse à travers le travail, les parcours et les projets qui s'y construisent.

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