En-tête d'un certificat de travail de la Société suisse des hôteliers, en allemand et en français

CV suisse 2026 : le format attendu par les recruteurs

October 05, 2026

Deux pages entrent dans les limites de toutes les sources officielles consultées : Genève conseille deux pages au maximum, le canton de Vaud une à deux pages A4, le portail fédéral arbeit.swiss trois pages au plus. Le CV suit l'ordre antichronologique, place coordonnées et photo en tête et, dans l'ordre publié par Genève, les langues à la fin. Tout part en PDF, certificats de travail compris.

Pourquoi un CV français passe-t-il mal auprès d'un recruteur suisse ?

Le premier écart tient au dossier. Le portail officiel suisse de l'orientation le compose de trois blocs : lettre de motivation, curriculum vitae, certificats de travail et diplômes.

Le deuxième est la longueur. Dans ses conseils aux personnes inscrites au chômage, l'office cantonal de l'emploi de Genève écrit que votre CV « doit tenir sur 2 pages maximum et pouvoir se lire très rapidement ». Mon avis : beaucoup de candidats français tassent tout sur une page, alors qu'un CV de deux pages est normal en Suisse.

Une, deux ou trois pages : quelle longueur un CV suisse doit-il faire ?

Les sources officielles ne donnent pas le même chiffre (tableau ci-dessous). Le portail arbeit.swiss du SECO écrit : « Le curriculum vitae ne doit pas dépasser trois pages. » Sa brochure de février 2018 ne plafonne pas le CV entier : c'est la liste des activités qu'elle limite à deux pages A4. Viser deux pages vous place dans la fourchette commune de ces sources, et le guide vaudois, avec « 1 à 2 pages A4 », admet la page unique. Mon avis : étirer une seule expérience sur toute une page n'apporte rien. Quant au temps de lecture, Genève l'estime à « pas plus de 30 à 60 secondes » ; je raisonne sur la borne basse, sans en faire une statistique.

Ce que les sources officielles disent de la longueur
SourceLongueur indiquéeDate de la page
Canton de Genève, office cantonal de l'emploi2 pages au maximumMise à jour le 2 juin 2026
Canton de Vaud, orientation professionnelle1 à 2 pages A4Guide de février 2023
SECO, portail arbeit.swiss3 pages au plusSans date de mise à jour affichée
SECO, brochure Qu'est-ce qu'une bonne candidature ?2 pages A4 au plus pour la liste des activitésÉdition de février 2018

Le SECO veut aussi un CV « complet, clair et soigné » et insiste : « Évitez les lacunes dans votre parcours. » Sa brochure de février 2018 précise la conduite à tenir : mieux vaut parfois avoir le courage de reconnaître une lacune que mentir, et la signaler dans la lettre de candidature en proposant d'en parler lors de l'entretien.

Faut-il vraiment mettre une photo sur un CV suisse, et laquelle ?

Aucun texte de loi consulté n'impose la photo, mais les sources officielles l'attendent. Genève la range dans les rubriques que le CV « doit comprendre au moins » : « Photo récente et professionnelle de vous, axée sur votre visage. » Elle insiste pour un CV en ligne : « Si vous publiez votre CV sur le web vous devez absolument y mettre une photo ». Vaud écrit « Photo de bonne qualité (usuellement exigée) », et le SECO compte parmi les éléments habituels du CV les « données personnelles avec photo vous mettant en valeur ».

Pour les candidats à l'apprentissage, le portail de l'orientation précise : « Il faut utiliser une photo récente, en couleur et sur fond neutre », avec « une tenue adéquate ». Et : « La photo ne doit pas être un selfie. »

Mon avis : si vous démarchez uniquement en ligne, elle devient quasiment obligatoire, car elle donne au recruteur une idée de la personne qu'il va recevoir. Sans photographe, je détoure, pose un fond uni et recadre haut.

Le droit pose une limite. La loi sur l'égalité interdit, y compris à l'embauche, de discriminer les travailleurs « à raison du sexe », notamment sur l'état civil, la situation familiale ou la grossesse. Le Code des obligations limite les données traitées par l'employeur à celles qui « portent sur les aptitudes du travailleur à remplir son emploi » ou sont nécessaires à l'exécution du contrat.

Cabine photo automatique Prontophot au passage des Remparts, à Yverdon-les-Bains, canton de Vaud
Cabine photo à Yverdon-les-Bains, photographiée en 2017 : le guide vaudois de postulation attend une photo de bonne qualité sur le CV, et le portail de l'orientation exclut le selfie pour les candidats à l'apprentissage. Photo : Jean Housen, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Quelles rubriques faut-il faire figurer, et dans quel ordre ?

Genève publie la liste et l'ordre : le CV « doit comprendre au moins les rubriques suivantes, dans cet ordre ».

L'ordre des rubriques publié par Genève
RubriqueCe que précisent les sources officielles
1. Informations et coordonnées personnellesVaud détaille : prénom et nom, adresse, e-mail, téléphone, année de naissance et âge, nationalité ou permis de séjour, réseaux sociaux s'ils apportent quelque chose
2. PhotoRubrique minimale à Genève, « absolument » pour un CV publié sur le web ; « usuellement exigée » (Vaud)
3. Titre ou objectif professionnelAvant les compétences
4. Compétences professionnelles et personnellesDescription « adaptée aux besoins de l'employeur figurant dans l'offre d'emploi ». Pour un CV web, « les mots-clés suffisent »
5. ExpérienceLes plus récentes en premier, sans lacune (SECO)
6. FormationÉcoles, formations et formations continues
7. Connaissances informatiques et bureautiquesRubrique distincte des compétences
8. LanguesNiveau CECRL, ou contextualisé (Genève) ; « A, B ou C » (Vaud)

Pour la chronologie, le SECO écrit : « Les informations doivent être présentées de manière chronologique, les plus récentes en premier. » Vaud juge ce CV « plus courant », mais admet un CV thématique, centré sur les compétences, qui « convient aux personnes qui se réorientent ou celles qui ont une carrière non linéaire ». Vaud ajoute une rubrique Divers : « Atouts, comme le fait d'avoir un véhicule ou un abonnement général de transports publics. »

Comment écrire ses coordonnées quand on postule depuis la France ?

Ce que je vois souvent : à chaque prestation CV, des candidats écrivent leur numéro sans l'indicatif du pays. Écrit au format national, 06 12 34 56 78, votre numéro ne vous atteint pas depuis une ligne suisse. L'Office fédéral de la communication (OFCOM) pose le principe pour les numéros suisses : le symbole + « remplace le préfixe international de chaque pays », et depuis l'étranger « le (0) ne doit en effet pas être composé ».

Le plan de numérotation de l'Arcep attribue à la France métropolitaine le code pays 33, suivi au format international du numéro sans son zéro initial : 06 12 34 56 78 devient +33 6 12 34 56 78. La forme mixte suisse « +41 (0)32 765 43 21 » est admise, mais l'OFCOM prévient qu'elle « peut prêter à confusion pour les appelants situés à l'étranger ».

Entrée nord du bâtiment de l'Office fédéral de la communication (OFCOM) à Bienne
L'Office fédéral de la communication, ici l'entrée de son bâtiment de Bienne photographiée en 2009, publie la règle d'écriture des numéros internationaux reprise dans cette section. Photo : Хрюша (Chriusha), via Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Quelle adresse indiquer si on habite loin ?

Aucune règle n'impose à un ressortissant UE ou AELE d'habiter près de la frontière. Selon le Secrétariat d'État aux migrations, « Les zones frontalières ont été supprimées » et ces ressortissants « peuvent habiter dans quelque région de l'UE/AELE que ce soit », à condition de rentrer au domicile principal « en principe chaque jour ou au moins une fois par semaine ».

Mon avis : si vous avez réellement une adresse proche de la frontière, indiquez-la, car le recruteur craint qu'un candidat éloigné peine à venir. Ce n'est pas une condition : j'ai accompagné des candidats recrutés depuis Paris. Et Vaud demande des informations correctes et vérifiables : une adresse que vous ne pourriez pas occuper n'en est pas une.

Comment présenter ses langues, ses diplômes français et sa situation de frontalier ?

Les langues

« Plus de 60% de la population suisse utilise l'allemand comme langue principale », rappelle le Département fédéral des affaires étrangères, et quatre cantons plus la ville de Bienne sont officiellement plurilingues. Genève demande de « préciser le niveau selon le cadre européen CECRL ou contextualiser », Vaud d'« indiquer le niveau CECR (A, B ou C) », et le portail de l'orientation, pour les apprentis, de citer toutes ses langues en commençant « par ta langue maternelle ».

Les diplômes obtenus en France

Le portail de l'orientation pose la règle : « La reconnaissance des diplômes n'est obligatoire que pour les professions dites "réglementées". » Pour les autres, on peut chercher un emploi « sans obtenir d'équivalence ». Il n'y a pas d'autorité centrale : ce sont, précise le portail de l'orientation, « des organisations différentes selon la profession ». Le portail reconnaissance.swiss du SEFRI indique, métier par métier, si une reconnaissance est requise et à quel organisme s'adresser.

Pour les dossiers qu'il traite, le SEFRI annonce en moyenne 4 mois pour les professions réglementées, et jusqu'à 10 mois pour l'attestation de niveau des professions non réglementées, en précisant que les organismes de reconnaissance, lui compris, « ne parviennent pas à toujours garantir ces délais ». Mon avis : si votre métier est réglementé, lancez la demande avant de commencer la recherche, vu ces délais.

Le permis G, avant l'embauche

Avant une première embauche, vous n'avez pas encore de permis à mentionner. L'office cantonal de la population et des migrations de Genève rappelle que l'autorisation frontalière est liée à un employeur et qu'« il n'est pas possible d'obtenir un permis en vue de faciliter une recherche d'emploi ». À Genève, le dossier de base compte trois pièces, dont une attestation de l'employeur ou une copie du contrat de travail ; l'activité peut y commencer « dès l'envoi de votre dossier complet », l'autorisation étant transmise à l'employeur « dans un délai moyen de 12 semaines ». La même page précise que « La demande de permis frontalier doit être déposée dans le canton où l'activité est exercée » : ailleurs, pièces et délais se vérifient auprès de l'office des migrations de ce canton. Mon avis : montrer que vous connaissez ce calendrier rassure sur votre disponibilité.

Faut-il indiquer des références, et que dit la loi sur les appels aux anciens employeurs ?

Les sources divergent. Le SECO écrit : « Dans votre CV, indiquez que vos références peuvent être fournies sur demande », la liste pouvant être remise en entretien. Vaud prévoit au contraire une rubrique Références, « Un ancien employeur, par exemple », avec cette consigne : « Prévenez la personne concernée de votre démarche. » Le portail de l'orientation, pour les apprentis, fait indiquer « les noms et numéros de téléphone » de quelques personnes, en recommandant de leur demander leur accord.

Côté recruteur, le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) pose la règle : il « doit obtenir préalablement le consentement du candidat » pour se renseigner auprès de l'actuel ou de l'ancien employeur, lequel « ne peut donner aucun renseignement au nouvel employeur sans le consentement de son employé ou ex-employé ».

Mon avis : je fais souvent figurer une référence avec nom, fonction, entreprise et numéro, car les agences de placement cherchent souvent à joindre les anciens employeurs, ce qui suppose votre accord. Condition : prévenir la personne, sinon écrire numéro sur demande, ce qui rejoint le SECO.

Aucun texte de loi consulté n'interdit d'écrire un numéro sur un CV. La brochure du SECO Qu'est-ce qu'une bonne candidature ? est toutefois nette : « Un curriculum vitae ne doit pas comporter de références. »

Ce qu'un recruteur n'a pas à vous demander

Le PFPDT délimite aussi les questions : celles sur la formation et le parcours professionnel « sont généralement autorisées », alors que celles « sur le revenu, un endettement éventuel, des maladies existantes ou une grossesse en cours » ne le sont que « si des raisons particulières l'exigent ». Les dossiers écartés doivent être restitués, et les copies « en principe détruites sauf motif légitime ».

Comment adapter son CV à l'offre sans déformer son parcours ?

Genève veut une description des compétences « adaptée aux besoins de l'employeur figurant dans l'offre d'emploi » ; pour un CV en ligne, « les mots-clés suffisent ». Le portail de l'orientation, pour les apprentis, demande des CV « spécifiques » à chaque profession visée et invite à comparer ses compétences « avec les mots-clés de l'annonce ».

Mon avis : un CV par secteur. Si le même document mêle médical et informatique, le recruteur ne sait plus quel est votre métier. Je place aussi les mots de l'offre haut dans la page, dès le texte de présentation.

Sur le tri automatisé, ce que je vois souvent : les CV qui ne reprennent pas le vocabulaire de l'offre remontent mal. Ce qui est établi : l'article 21 de la loi sur la protection des données oblige à informer la personne de toute décision « prise exclusivement » sur la base d'un traitement automatisé qui a des effets juridiques pour elle ou l'affecte de manière significative, et lui permet d'exiger qu'elle « soit revue par une personne physique », sauf exceptions de l'alinéa 3, notamment si vous avez expressément consenti à ce que la décision soit prise de manière automatisée.

Mon avis sur les expériences : un résultat situé se lit mieux qu'une liste de tâches, par exemple ayant dirigé une équipe de 15 personnes dans un organisme de 1500 collaborateurs (un exemple de formulation, pas une donnée). Vaud fixe la limite : informations correctes et vérifiables, typographie (Arial, Calibri ou Helvetica, par exemple), orthographe irréprochable.

Que faire quand les réponses ne viennent pas ?

Sans réponse après quelque temps, le SECO conseille de relancer « en restant aimable et neutre ». Mon avis, tiré du terrain et non d'une étude : des refus très rapides trahissent plutôt un problème de vocabulaire, des candidatures en attente un manque de crédibilité. Relancer une annonce de plusieurs semaines vaut mieux qu'une dixième candidature identique.

Quels documents joindre, sous quel format, et comment envoyer le dossier ?

Le portail de l'orientation demande de « télécharger les documents dans le bon ordre et sous forme de fichier PDF », le SECO un envoi « depuis une adresse e-mail sérieuse contenant de préférence vos prénom et nom ». Genève ajoute : « Chaque copie doit être propre, soignée, lisible et en couleurs. Présentez-les toujours du plus récent au plus ancien. » Face à des documents de mauvaise qualité ou confus, prévient la page, le recruteur « n'y prêtera aucune attention ». Le SECO veut enfin « tous les certificats de travail des postes que vous avez occupés, sans exception », dans « un unique document PDF ».

Certificat de travail bilingue de la Société suisse des hôteliers, délivré à Arosa en 1907
Certificat de travail rempli en 1907 par l'hôtel Seehof d'Arosa sur le formulaire bilingue de la Société suisse des hôteliers : la pièce que le dossier suisse demande encore aujourd'hui, pour chaque poste occupé. Photo : Paebi, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Comment obtenir un certificat de travail qui manque ?

L'article 330a du Code des obligations permet de « demander en tout temps à l'employeur un certificat portant sur la nature et la durée des rapports de travail, ainsi que sur la qualité de son travail et sa conduite », ou limité à la nature et à la durée du poste. Le SECO précise qu'un certificat intermédiaire peut être établi en cours de contrat. Et : « Le délai de prescription, de dix ans, commence à courir à partir de la fin des rapports de travail. »

Word ou PDF ?

PDF : Genève écrit « Créez votre CV au format PDF ». Mon avis : il signale un outil de mise en page et s'affiche à l'identique sur tout système. Pour la lettre, Vaud demande « Une page A4 », une « Mise en page aérée », une « Orthographe irréprochable » avec relecture par « une personne maîtrisant le français », et « Datez votre lettre et signez-la à la main ».

Et après le CV, que faut-il anticiper ?

Le permis, l'assurance maladie et la fiscalité viennent après le CV. Mon livre Frontalier Suisse couvre la recherche d'emploi et l'après-embauche ; mon parcours est sur ma page à propos. Mes avis signalés ici viennent de mes vidéos sur la candidature.

Sources et références

Information générale, sources consultées et relues le 22 septembre 2026. Elle ne remplace pas la réponse de l'autorité compétente (office cantonal de l'emploi, office des migrations, SEFRI) sur une situation particulière. Les passages signalés comme mon avis viennent de mon expérience, pas d'un texte officiel. Les autres sujets sont dans les articles.

Jordan Girbon

Jordan Girbon

Jordan Girbon est entrepreneur, auteur de « Frontalier Suisse » et créateur de contenus. Il partage des repères sur l'emploi en Suisse, les parcours de frontaliers et les décisions qui accompagnent leur projet.

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Comprendre la Suisse à travers le travail, les parcours et les projets qui s'y construisent.

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