
Permis G frontalier 2026 : conditions, délai, prix et démarches
Le permis G, ou autorisation frontalière, permet à un ressortissant de l'Union européenne ou de l'AELE qui habite dans l'UE ou l'AELE de travailler en Suisse, comme salarié ou comme indépendant, en rentrant chez lui au moins une fois par semaine. À Genève, il coûte 65 francs et l'administration annonce trois mois de traitement, mais le travail peut commencer dès l'envoi du dossier complet.
Qu'est-ce que le permis G ?
Le permis G est l'autorisation frontalière délivrée par la Suisse. Le Secrétariat d'État aux migrations (SEM) décrit les frontaliers UE/AELE comme des ressortissants d'un État de l'UE ou de l'AELE qui vivent dans un État de l'UE ou de l'AELE et travaillent en Suisse, « comme salarié ou indépendant et dont le siège de l'entreprise est en Suisse ». La condition de retour est la seconde moitié de la définition : ils retournent à leur domicile principal à l'étranger « en principe chaque jour ou au moins une fois par semaine ».
Ce permis est lié à un employeur. L'office cantonal de la population et des migrations de Genève (OCPM) en tire une conséquence directe : il n'est pas possible d'obtenir un permis G pour chercher un emploi. Il faut une embauche, ou une activité indépendante, avant de faire la demande.
Le statut concerne beaucoup de monde. Au deuxième trimestre 2026, la Suisse comptait 414 262 frontaliers étrangers actifs, dont 118 067 dans le canton de Genève et 46 496 dans le canton de Vaud, selon la statistique fédérale des frontaliers publiée le 6 août 2026 (chiffres provisoires).
Un emploi de trois mois ou moins : une annonce suffit
Une activité de trois mois au maximum par année civile n'est pas soumise à autorisation. Elle passe par la procédure d'annonce en ligne, sans frais à Genève. Pour une prise d'emploi dans une entreprise en Suisse, le SEM précise qu'il « incombe à l'employeur » de faire l'annonce, et qu'elle doit être effectuée « au plus tard le jour avant le début de l'activité ». Si vous avez déjà travaillé trois mois dans l'année civile, Genève demande de déposer une demande de permis G.
Quelles sont les conditions pour obtenir le permis G ?
Pour une activité salariée à Genève, l'OCPM demande de remplir trois conditions :
- être domicilié dans un État membre de l'UE ou de l'AELE ;
- être employé par une entreprise domiciliée en Suisse ;
- retourner au moins un jour par semaine à son domicile à l'étranger.
Toute activité compte, y compris un stage non rémunéré. La demande doit être déposée avant de commencer à travailler.
Faut-il habiter près de la frontière ?
Non, pour les ressortissants de l'UE et de l'AELE. Le SEM écrit que « les zones frontalières ont été supprimées » et que ces ressortissants « peuvent habiter dans quelque région de l'UE/AELE que ce soit et travailler sur tout le territoire suisse ». Les ressortissants d'un pays hors UE/AELE relèvent d'autres règles, présentées sur les pages cantonales qui leur sont consacrées.
Peut-on dormir en Suisse pendant la semaine ?
Le canton de Vaud l'indique clairement : les frontaliers « peuvent séjourner en Suisse pendant la semaine, à condition de s'annoncer auprès de leur commune de résidence ». Le retour au domicile principal à l'étranger au moins une fois par semaine reste la règle.
Qui fait la demande de permis G, le frontalier ou l'employeur ?
La réponse dépend du canton. À Genève comme dans le canton de Vaud, la demande se dépose dans le canton où l'activité est exercée, quel que soit le lieu du siège de l'entreprise.
À Genève
La page de l'OCPM destinée aux ressortissants UE/AELE s'adresse au travailleur : « Votre demande s'effectue en ligne ». Il faut joindre une copie couleur d'une pièce d'identité en cours de validité, une photo portrait et une attestation de l'employeur ou une copie du contrat de travail. Les entreprises qui disposent d'un compte client auprès de l'OCPM peuvent aussi déposer les demandes et les payer sur facture.
L'employeur reste dans la boucle : il reçoit en principe deux confirmations par courriel, et c'est à lui que l'autorisation est transmise.
Dans le canton de Vaud
Les demandes se font en ligne sur le site du canton et arrivent au Service de la population (SPOP). Sur le formulaire G1 de première demande, l'entreprise figure comme « employeur requérant » et signe, à côté de la signature du travailleur. Une fois la demande traitée, le SPOP envoie à l'employeur la facture et, lorsque l'enregistrement des données est nécessaire, la convocation au Centre de biométrie de Lausanne. L'employeur transmet la convocation, et le frontalier prend rendez-vous pour l'enregistrement de ses données.
Pour un ressortissant hors UE/AELE
À Genève, « votre employeur doit déposer une demande d'autorisation de travail frontalière ». Dans le canton de Vaud, ces demandes sont traitées par la Direction générale de l'emploi et du marché du travail (DGEM).
Combien de temps faut-il pour obtenir le permis G ?
À Genève, l'OCPM publie des délais de traitement moyens, « donnés à titre indicatif ». Dans son tableau publié le 14 septembre 2026, la ligne « Demande de permis frontalier » indique 3 mois. La page consacrée à l'activité salariée parle d'une autorisation transmise à l'employeur « dans un délai moyen de 12 semaines ».
Le canton de Vaud ne publie pas de délai chiffré. Sa page précise seulement que les demandes incomplètes, avec des documents manquants, peuvent allonger la durée d'établissement du permis.
Peut-on commencer à travailler avant de recevoir le permis ?
Oui, dans les deux cantons, pour un ressortissant de l'UE ou de l'AELE dont la demande est déposée. À Genève, « vous pouvez commencer votre activité dès l'envoi de votre dossier complet » : le dossier doit donc être complet, et la demande déposée avant le début de l'activité. Dans le canton de Vaud, « le bénéficiaire peut commencer son activité dès le dépôt de la demande ». Pour un ressortissant d'un État hors UE/AELE, la demande suit une autre procédure et cette règle ne s'applique pas.
Genève ne délivre pas d'attestation de dépôt. La seconde confirmation envoyée à l'employeur par courriel, après la vérification des pièces, indique en revanche que le demandeur est autorisé à travailler. Elle peut être présentée aux autorités en cas de contrôle.
Combien coûte le permis G frontalier, et qui le paie ?
À Genève : 65 francs
Le tableau des taxes de l'OCPM (version de janvier 2026) fixe le permis G UE à 65 francs par adulte à l'arrivée (30 francs pour un mineur de moins de 18 ans) et à 65 francs pour une prolongation. Le paiement se fait en ligne, ou sur facture mensuelle pour les entreprises qui ont un compte client. Les pages genevoises ne précisent pas qui, du salarié ou de l'employeur, doit supporter ce coût.
Dans le canton de Vaud : 70 francs
Le SPOP facture 70 francs pour une première demande ou un renouvellement, soit 65 francs pour le permis et 5 francs pour l'envoi, et 55 francs pour un changement d'employeur (50 et 5 francs). La facture est adressée à l'employeur, qui est « débiteur solidaire du paiement » : « Libre à lui d'en assumer le coût ou de le refacturer à l'employé-e ».
Combien de temps le permis G est-il valable ?
Selon le SEM, l'autorisation frontalière UE/AELE est valable cinq ans si le contrat de travail est à durée indéterminée ou dure plus d'un an. Pour un contrat de plus de trois mois et de moins d'un an, le permis est valable pour la durée du contrat.
Dans le canton de Vaud, l'avis de fin de validité est envoyé à l'employeur, qui lance le renouvellement ou prévient son salarié. La demande se fait avec le formulaire G2, accompagné d'une copie d'une pièce d'identité valable et de la dernière fiche de salaire. Les données biométriques enregistrées à Lausanne restent valables cinq ans : si un nouveau permis est émis avant ce délai, il n'est pas nécessaire de retourner au Centre de biométrie. À Genève, le renouvellement se demande avec le formulaire en ligne de l'OCPM, pour 65 francs.
Changement d'employeur, déménagement, fin de contrat : que faut-il annoncer ?
Changer d'employeur
Le permis étant lié à un employeur, tout changement doit être annoncé. À Genève, deux pages officielles donnent deux formulations. La page consacrée au changement d'employeur demande de déposer la demande « dans un délai de 14 jours avant la prise du nouvel emploi ». La foire aux questions de l'OCPM parle d'une annonce « au plus tard 14 jours suivants l'événement ». Déposer la demande avant de commencer chez le nouvel employeur couvre les deux lectures.
Il faut une copie couleur d'une pièce d'identité, l'attestation du nouvel employeur ou le contrat signé, et le formulaire R, le certificat de fin des rapports de service rempli par le dernier employeur. Dans le canton de Vaud, un nouveau permis est émis à chaque changement d'employeur, pour 55 francs. Le tableau des taxes de l'OCPM ne comporte pas de ligne « changement d'employeur » : il facture 65 francs un « changement professionnel » pour un ressortissant de l'UE.
Changer d'adresse à l'étranger
À Genève, un frontalier toujours en activité qui change d'adresse doit l'annoncer dans un délai de 14 jours. Le tableau des taxes de l'OCPM ne facture pas ce changement lorsqu'il ne demande pas de nouvelle prise de données biométriques.
Aller travailler dans un autre canton
Le permis G donne une mobilité professionnelle et géographique dans toute la Suisse, mais il reste rattaché au canton de travail. Si vous ne travaillez plus dans le canton de Genève, l'OCPM demande d'annuler le permis genevois, « même si vous continuez à travailler pour le même employeur », puis de déposer une nouvelle demande dans le nouveau canton.
Quand le contrat s'arrête
Le permis ne reste pas valable après la fin du contrat. À la question « Mon permis G reste-t-il valable si je ne travaille plus pour mon employeur ? », l'OCPM répond « Non ». L'employeur doit annoncer la fin de l'activité dans les 14 jours avec le formulaire R. Dans le canton de Vaud, l'entreprise doit également signaler au SPOP le départ d'un titulaire de permis G.
Genève ou Vaud : quelles différences pour le permis G ?
| Point | Genève (OCPM) | Vaud (SPOP) |
|---|---|---|
| Dépôt de la demande | Formulaire en ligne, adressé au travailleur ; une entreprise avec compte client peut aussi déposer | Formulaire en ligne sur vd.ch ; l'entreprise figure comme employeur requérant sur le formulaire G1 |
| Prix d'une première demande | 65 CHF par adulte, 30 CHF pour un mineur | 70 CHF (65 CHF de permis et 5 CHF d'envoi) |
| Changement d'employeur | Nouvelle demande en ligne avec le formulaire R du dernier employeur. Le tableau des taxes ne comporte pas de ligne « changement d'employeur » : il facture 65 francs un « changement professionnel » | 55 CHF (50 CHF et 5 CHF d'envoi) |
| Délai publié | 3 mois à titre indicatif (tableau du 14 septembre 2026), délai moyen de 12 semaines | Aucun délai chiffré publié |
| Début de l'activité | Dès l'envoi du dossier complet | Dès le dépôt de la demande |
| Biométrie | Non mentionnée sur la page de demande | Rendez-vous au Centre de biométrie de Lausanne, données valables 5 ans |
| Envoi du permis | À l'employeur | À l'employeur, en pli recommandé |
Questions fréquentes sur le permis G
Peut-on obtenir un permis G pour chercher un emploi en Suisse ?
Non. L'autorisation frontalière est liée à un employeur. À Genève, l'OCPM indique qu'il n'est pas possible d'obtenir un permis en vue de faciliter une recherche d'emploi.
Faut-il un permis G pour un stage non rémunéré ?
Oui. À Genève, toute activité nécessite une autorisation de travail, stage non rémunéré compris. Un stage de moins de trois mois passe par la procédure d'annonce, sans frais. Au-delà, il faut déposer une demande de permis G.
Peut-on travailler pour deux employeurs avec un permis G ?
À Genève, un frontalier qui a déjà une autorisation valable chez un employeur suisse n'a pas à annoncer une activité accessoire chez un second employeur. Si le taux d'activité chez le nouvel employeur est plus élevé que chez le premier, il faut annoncer un changement d'employeur. L'OCPM rappelle qu'il n'est pas possible de travailler plus de 50 heures par semaine.
Qui paie le permis G frontalier ?
Dans le canton de Vaud, la facture est envoyée à l'employeur, libre d'en assumer le coût ou de le refacturer au salarié. À Genève, le paiement se fait en ligne par le demandeur, ou sur facture pour les entreprises qui ont un compte client, sans règle écrite sur la répartition du coût.
Faut-il choisir son assurance maladie au moment du permis G ?
C'est une démarche distincte, avec son propre délai, et elle ne concerne pas tout le monde de la même façon. Le canton de Genève rappelle que le frontalier qui réside dans un pays limitrophe, c'est-à-dire en France, en Allemagne, en Italie ou en Autriche, doit faire un choix « formel et irrévocable » entre l'assurance maladie de son pays de résidence et l'assurance maladie suisse (LAMal) dans les trois mois qui suivent sa prise d'activité en Suisse. Les règles et les formulaires dépendent ensuite du pays de résidence. Dans le canton de Vaud, ce choix est transmis à l'Office vaudois de l'assurance maladie (OVAM). Ce point mérite sa propre vérification auprès de l'autorité compétente : il n'est pas traité en détail ici.
Après le permis G
Le permis G règle l'entrée dans l'emploi. Viennent ensuite l'assurance maladie, la fiscalité, la prévoyance et les questions qui se posent une fois le poste occupé. Mon livre rassemble la recherche d'emploi et les sujets à anticiper pour la suite, dans un support à lire, annoter et consulter au fil du projet : Frontalier Suisse. Mon parcours et mes activités sont présentés sur ma page à propos.
Sources et références
- Secrétariat d'État aux migrations, Permis G UE/AELE (autorisation frontalière), dernière modification le 1er janvier 2022.
- Secrétariat d'État aux migrations, Procédure d'annonce pour les activités lucratives de courte durée, guide de l'utilisateur du 1er avril 2026.
- Canton de Genève, Demander un permis de travail frontalier, mise à jour le 25 juillet 2025.
- Canton de Genève, Activité salariée pour frontalier UE/AELE, mise à jour le 4 juin 2025.
- Canton de Genève, Changement d'employeur pour frontalier UE/AELE, mise à jour le 25 juillet 2025.
- OCPM, Questions fréquentes relatives aux permis frontaliers pour UE/AELE, publiée le 21 mai 2025.
- OCPM, Délais de traitement moyens des demandes déposées à l'OCPM, publié le 14 septembre 2026.
- OCPM, Tableau des taxes et émoluments, version de janvier 2026 (PDF).
- Canton de Vaud, Autorisations frontalières sur carte, page sans date de mise à jour affichée, consultée le 17 septembre 2026.
- Canton de Vaud, Demander une première autorisation frontalière pour les Européens (UE et AELE), consultée le 17 septembre 2026.
- Office cantonal de la statistique de Genève, Frontaliers étrangers actifs en Suisse, selon la grande région et le canton de travail (T 03.05.2.01), données de l'Office fédéral de la statistique mises à jour le 6 août 2026.
- Photos : poste frontière de Bardonnex, Henk Monster, CC BY 3.0 ; entrée de l'OCPM, MHM55, CC BY-SA 4.0 ; douane de Vallorbe, René Hourdry, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons. Les plaques d'immatriculation ont été masquées ; les versions recadrées ou modifiées restent sous la même licence que l'original.
Cet article donne une information générale, relue sur les sources officielles le 17 septembre 2026. Il ne remplace pas la réponse de l'OCPM à Genève ou du SPOP dans le canton de Vaud pour une situation particulière. Les autres sujets suivis ici sont rassemblés dans les articles.
